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Un bâti ancien est considéré comme une construction réalisée avant 1948. Il couvre plusieurs siècles de construction et présente une grande variété selon la fonction d’origine, le lieu d’implantation, l’ancienneté. Les principes des constructions vernaculaires en Ardèche correspondent aux constructions réalisées sans recours au béton armé et au ciment et mettant en œuvre des matériaux locaux et des techniques vernaculaires. L’habitat primitif était en bois mais n’a pas ou peu laissé de vestiges. En Ardèche, les matériaux utilisés sont essentiellement la pierre liée au mortier de chaux pour les murs, le bois pour la charpente et la terre cuite à partir du XVIIIe siècle pour la couverture. La conception de l’habitat s’adapte donc aux ressources locales et aux contraintes climatiques particulières. En Ardèche, les hivers sont relativement cléments, les étés très chauds et un régime de pluies capricieux alterne des épisodes torrentiels et des épisodes de sécheresse prononcée.

 

Les principes des constructions vernaculaires en Ardèche


Les matériaux traditionnels sont relativement peu performants d’un point de vue thermique mais des principes de conception élémentaires permettaient d’optimiser le confort et la régulation :

  • l’implantation sur un «bon» versant (adret) permet de bénéficier du meilleur ensoleillement et de se protéger du vent froid
  • idem pour l’orientation de la façade principale, tournée de préférence vers le sud
  • les pièces de vie et les principales ouvertures sont au sud, les pièces aveugles et annexes au nord constituant des espaces tampon
  • des dispositifs de protection solaire (végétation ou terrasse couverte) permettent de se protéger du soleil d’été et de faire pénétrer le soleil d’hiver
  • le volume habité se situe entre la cave qui régule l’humidité du sol et le grenier qui ventile pour éviter la surchauffe en été et isole en hiver (stockage du foin)
  • les ouvertures peu performantes étaient de faible surface
  • des volumes étaient compacts et les constructions regroupées

 

L’évolution des modes de vie


Le mode de vie paysan a développé une culture du vivre dehors qui a eu son influence sur le bâti et l’aménagement urbain en privilégiant les espaces extérieurs et l’alternance dedans/dehors en fonction de la température ambiante. La fluidité du passage de l’intérieur à l’extérieur et la modularité des espaces de vie en fonction des saisons caractérisent le bâtiment méditerranéen. L’évolution des modes de vie a entrainé une dépense énergétique accrue due à l’augmentation du nombre de pièces chauffées, de la durée de la période de chauffe, du niveau de température (les manuels d’éducation ménagère indiquaient en 1936 que 16°C était une température maximale à ne pas dépasser).

 

Comment rendre habitables des espaces non prévus à cet effet (cave, grenier, couradou)?
Comment apporter plus de confort ?

 

 

Source : La rénovation énergétique du bâti de caractère Ardèchois, Amael Raphaneau, 2016, 32p.